Mystérieux froid

C’est étrange… voilà plusieurs nuits que je ne parviens pas à fermer l’œil. Il règne dans ma chambre un froid glacial qui me donne parfois l’impression de résider dans un vaste château au milieu de vénérables pierres. Et je grelotte tous les soirs sans vraiment comprendre d’où vient cette invisible bise, mon doigt engourdi peinant à cicatriser. J’ai d’ailleurs délaissé mon projet d’ouvrir l’affreuse armoire qui grignote chaque jour un peu plus mon espace vital, afin de me concentrer sur l’origine de ce courant d’air.

Et je ne trouve pas…

Je ne parviens pas à déceler l’origine de ce souffle qui chaque nuit transit mon corps et l’empêche de se reposer. Les journées de boulot sont particulièrement dures et je dois reconnaître que j’ai, à plusieurs reprises, piqué du nez assis à mon bureau.

Mais je crois avoir déniché, enfin, d’où vient cet insupportable refroidissement et j’avoue que cela me blase : vous avez deviné, la source semble se situer derrière l’horrible meuble. Il devait y avoir un problème d’isolation, il fallait absolument que cela se trouve derrière ce poids mort inamovible. Ne vous ai-je pas parlé la dernière fois d’un certain message que l’univers chercherait à m’adresser ? il semble que je ne sois pas sorti de cette boucle karmique… si seulement je pouvais ouvrir ces portes, je creuserais le fond de l’armoire pour atteindre le mur, mais les battants restent clos.

Je me suis donc remis à tourner autour de la masse informe de bois assemblé qui obscurcie mon quotidien. Et j’ai remarqué une chose surprenante, c’est que la trace de sang qu’avait laissé mon doigt sur l’entrée de clef en laiton semble s’être volatilisée. C’est comme s’il n’y avait rien eu et Dieu sait que je m’étais échiné à frotter pour faire disparaître ce vestige de mes échecs passés. Je me suis approché pour regarder de plus près la zone qui avait été souillée et j’ai passé doucement la main sur les motifs grossiers imprégnés sur le métal. Sous la légère pression de mes doigts, la porte a bougé… et s’est entrouverte.

C’est à n’y rien comprendre… cela fait une semaine que j’essaie d’ouvrir cette saleté et voici que, sans prévenir, elle cède sans aucun effort. Il y a de quoi en perdre son latin. Enfin, c’est ouvert et c’est bien là le principal. Sur le coup j’en ai presque oublié le mystérieux souffle. L’intérieur est extrêmement sombre et je dois dire que je ne m’attendais pas à une telle profondeur : il serait aisé de caser quatre adultes bien portant dans cet espace. J’y ai nonchalamment bazardé quelques affaires qui traînaient. Le reste du rangement attendrait le weekend prochain.

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