La solution?

La solution

L. est un ami de longue date dont la gentillesse n’a d’égale que l’étendue de son ingéniosité. Il s’agit sans doute de l’un des esprits les plus créatifs qu’il m’ait été donné de rencontrer. Je lui ai exposé mon problème et plutôt que de me rabrouer en rationalisant à l’extrême, il a tout de suite été fasciné à l’idée d’un mystère à résoudre.

Il a d’abord commencé par entreprendre les mêmes manœuvres que moi, à savoir ouvrir puis fermer lentement les deux portes. Même absence de résultats. Il s’est alors assis sur le lit et a commencé à se gratter le menton tout en fixant intensément le meuble. Je ne savais pas trop quoi faire donc je me suis assis et j’ai attendu en silence.

Au bout d’un moment, il s’est écrié : « non mais attend ! mais oui ! ». J’ai sursauté et je l’ai vu quitter en courant la pièce. Je n’ai pas eu le temps de le suivre que déjà il avait claqué la porte de l’appartement. Je suis resté là, avec l’air un peu idiot de celui qui ne comprend pas bien ce qu’il vient de lui arriver.

Une heure plus tard, la sonnerie de l’interphone a retenti. J’ai ouvert la porte et l’ai attendu sur le palier. Lorsque j’ai aperçu le pesant fardeau qu’il trimbalait, j’ai tout de suite pensé à une tronçonneuse… sans doute que ce désir secret me travaille déjà depuis que cette chose de bois sombre est entrée dans ma vie.

Je l’ai suivi auprès du patient récalcitrant. Après avoir posé son barda, il a produit un gros étui ainsi qu’une boîte à outils. Après avoir déballé et éparpillé plusieurs pièces de métal et de plastique sur mon lit, il a entrepris de les assembler. Au fur et à mesure des étapes de montage, j’ai constaté qu’il s’agissait en fait d’une sorte de drone possédant quatre hélices orientées vers le plafond. Blanc et plutôt petit (contrairement aux modèles que j’avais pu apercevoir à la télévision), il possédait en son centre un dispositif permettant de lui adjoindre une petite caméra.

Satisfait de son œuvre, L. a reculé d’un pas pour observer l’engin qui reposait désormais sur mon bureau. Il a regardé ensuite autour de lui et a juré : « merde j’ai oublié la console… ça sert à rien si on peut pas regarder les images captées par la caméra ». La nuit commençant à tomber, je l’ai rassuré et lui ai proposé de laisser la machine ici. Il reviendrait avec la console la prochaine fois. Je l’ai raccompagné et l’ai observé s’éloigner dans le couloir en secouant la tête, frustré de ne pas avoir pu percer le mystère ce jour-là.

Comme je le comprends.

Un contretemps de dernière minute l’empêcha finalement de revenir le dimanche. Notre curiosité devrait attendre le weekend prochain… décidément, la cruauté de l’Univers dépasse parfois l’entendement.

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