Et la lumière fut

Rarement les sentiments de frustration et d’impatience auront eu un tel impact sur moi et, connaissant L., je n’ose imaginer comment il vécut l’attente de son côté. Nos obligations professionnelles nous ont ainsi obligés à patienter jusqu’au week-end suivant pour reprendre nos improbables investigations.

Nous nous échangions frénétiquement des sms, postulant sur les éventualités que nous pourrions découvrir. Nos imaginations fertiles, décuplées par l’ivresse d’un mystère à percer, nous ont menés sur les terrains les plus farfelus. Il ne fut donc pas surprenant que nous nous retrouvions dès les premières lueurs du samedi. L. débarqua chez moi excité comme une puce. C’est à peine s’il m’entendit lorsque je lui proposais un petit déjeuner… Pure politesse, remarquez, car je n’avais moi-même qu’une seule chose en tête : tester son idée. Nous avons donc attrapé un paquet de biscuits et deux grands mugs de café ; puis nous nous sommes précipités vers la chambre, repaire de l’horrible armoire.

L’engin n’avait pas bougé depuis la dernière fois, je l’avais laissé reposer sur mon bureau, trop effrayé à l’idée de saboter involontairement notre outil d’exploration. Il l’installa dans la gueule béante du monstre de bois et entreprit de connecter la console qu’il avait amenée avec son ordinateur portable. J’allais refermer les portes lorsqu’il m’arrêta.

« Attend ! on ne sait pas ce qu’il va se passer. Je vais le mettre en marche portes ouvertes afin de ne prendre aucun risque. On ne veut pas faire chou blanc. »

Emporté par mon enthousiasme, je n’avais même pas réfléchi à ce qui arriverait à la machine. Il mit en marche le drone et entreprit de faire quelques tests images. « Nous n’aurons pas de son et l’image risque d’être dégueulasse, mais ça nous donnera une idée. » La réception était néanmoins bonne, il m’invita à refermer les battants.

On ne voyait pas grand-chose, pour ne pas dire rien. « Tu m’as dit que c’était le sol qui était froid au touché ? Je vais essayer de faire descendre le machin. » Avec d’infinies précautions, il manipula les deux joysticks… toujours rien… Nous entendions le vrombissement des pales à l’intérieur du meuble. Encore quelques centimètres… le bruit disparu. Et là, quelle ne fut pas notre surprise de découvrir sur l’ordinateur… un paysage. Nous avions débouché au grand air.

L’image était de travers et pas très nette. Mais l’on distinguait bien… un ailleurs dont voici la couleur !

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Nous sommes restés là, les yeux écarquillés et la bouche ouverte. Reprenant ses esprits, L. fit remonter lentement l’engin pour lui faire faire le chemin inverse. Le ronronnement du moteur se fit à nouveau entendre et je me précipitais pour ouvrir les portes. Le drone était là, comme si de rien n’était. Une fois que le moteur fut arrêté, je le saisis et le ramenais vers le bureau. Assis l’un en face de l’autre, L. et moi nous sommes regardés sans trop savoir quoi dire…

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